mercredi, 02 mai 2007
Paul Wolfowitz, la banque mondiale et le second degré
Alors là, je suis ébahi. Je reprend ici un débat auquel je viens de participer sur l'excellent site Econoclaste.
Alexandre Delaigue a renvoyé mardi 1er mai (et pas 1er avril) dans une note intitulée "Kenneth Rogoff est méchant... " sur un article de Foreign Policy reproduisant SOI-DISANT un mémo interne de la banquz mondiale adressée par Paul Wolfowitz à l'ensemble du personnel de cette institution qu'il dirige depuis 2 ans et son départ du Pentagone, où il était le bras droit de Rumsfeld.

POur ceux qui auraient échappé à cette actualité à la faveur du soleil et de notre campagne présidentielle, Wolfowitz est pris dans un scandale qui est sur le point de lui coûter sa place de président de la Banque mondiale. En résumé, Wolfowitz a une relation personnelle intime avec une femme ayant un poste important dans la banque, relation qui existait avant sa nomination. A son arrivée, il aurait donc chercher à dénouer ce problème, d'autant que par certains aspects - la Banque mondiale se chargeant de lutte contre la corruption - cette institution développe des chartes éthiques complexes assorties d'enquêtes que d'aucuns trouveront peu respectueuses de la vie privée voire teintées d'un puritanisme un peu étrange.
La solution a été trouvée dans l'exil de cette femme, à la carrière apparemment très réussie et qui ne souhaitait probablement pas être mise au placard à cause de son intimité avec "Wolfie". Là où le bas blesse, c'est que Wolfowitz (en gentleman?) serait intervenu directement auprès du nouvel employeur de la Dame (le Département d'état US) pour lui obtenir un salaire substantiel.
D'où le grave scandale qui en résulte.
Cette parenthèse fermée, revenons au texte de Foreign Policy titré "Top Secret! Memo From Paul Wolfowitz to Bank Staff". Ce texte est accompagné d'un chapeau signé Ken Rogoff (économiste à Harvard et excellent joueur d'échecs) indiquant que ce mémo est un document secret et authentique, et que Foreign Policy a décidé de le publier.
"FP’s editors got our hands on a fascinating memo from the embattled Bank president to staff that sheds more light on the scandal rocking the normally staid financial institution. After great internal deliberation, we decided to share this top secret document with our readers."
Ce mémo prévient les employés de la banque qu'ils n'ont pas le droit de participer aux paris du site "TradeSports.com" sur sa démission à venir. Ce genre de sites sont assez connus aux Etats-Unis, on peut y parier sur tout et n'importe quoi même si le coeur du "business" reste le sport.
Wolfowitz y indique qu'en effet, cela relèverait, au-delà du manque de loyauté, d'une sorte de délit d'initié, au regard des informations priviligiées auxquelles les employés de la Banque ont accès sur ce scandale.
Outre qu'on ne voit pas alors pourquoi Rogoff est le signataire de l'article, car il ne représente pas à ce que je sais la rédaction de FP, le ton du texte m'a tout de suite fait comprendre (peut-être à tort) qu'il s'agissait d'une sorte de pique au second degré contre Wolfie. Certains passages sont clairement sarcastiques, par exemple celui où il dit qu'il peut très bien expliciter ce délit d'initiés, ce qui fera taire ceux qui disaient qu'il n'y connaissait rien en économie avant de prendre ce poste ("You would still be guilty of insider trading on your Bank-specific knowledge. (And who says I don’t know enough about finance for this job!)"), ou lorsqu'il évoque les personnes de l'entourage que ce délit concerne également ("Please note: the Bank’s prohibition on insider trading applies not only to immediate family but also to significant others (e.g., girlfriends).")
Bref, il me parait évident que le texte n'est pas un véritable document. Il s'agit d'une pique cruelle et ironique contre Wolfowitz.
Notons en plus que FP utilise souvent cette forme de document : ils demandent à un auteur d'écrire un article "comme si" ils écrivaient une note / un memo pour un décideur (secrétaire général de l'ONU, directeur du FMI). généralement, il n'y a pas cependant "usurpation d'identité" comme ici.
Bref, les quelques commentaires s'interrogeant sur l'authenticité du texte sur éconoclaste me paraissaient légitimes, mais aisés à trancher : le document n'est pas de la main de Paul Wolfowitz.
A peine ai-je écrit ça en commentaire que je découvre que Le Monde (le "journal de référence", comme on dit) met en "une" un article sur ce sujet (lien en fin de note)
Cet article prend le texte pour argent comptant, en prposant de longues traductions ! Il n'y a pas la moindre interrogation sur le statut du document ! Je trouve ça proprement incroyable. Peut-être me suis-je trompé, et le mémo est vraiment de la main de Wolfowitz. Auquel cas c'est un imbécile.
Mais si ce n'est pas le cas, je crois que les journalistes du MOnde devrait se poser des questions : comment peut-on être journaliste professionnel et avoir aussi peu de recul critique ?
Je suis choqué, et comme je le disais sur éconoclaste : pour paraphraser Desproges sur Séguéla, de deux choses l'une : soit Wolfowitz est un con et ça m'étonnerait quand même un peu, soit Wolfowitz n'est pas un con (et les journalistes ne vérifient pas leur source) et ça m'étonnerait quand même beaucoup.
11:45 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Banque mondiale, Wolfowitz, éconoclaste, le monde, journalisme, foreign policy
vendredi, 26 janvier 2007
Lucky Luke journaliste et la campagne électorale
Je suis consterné par ce qui se passe en ce moment dans la campagne électorale, et qui promet le pire. La règle actuelle semble être que les médias doivent tirer le plus vite possible dès qu'une information, quelle qu'elle soit et d'où qu'elle vienne, apparait.
Deux micro-exemples, en 5 mns, pris sur le site du Monde (donc, pas le pire) :
1/ "La réforme Sarkozy réduirait de 60 % le produit de l'ISF"
Ca attire l'oeil, un titre comme ça. Je lis donc, que le SNUI, un avocat et des "sources administratives" (euh, le SNUI?) confirment une analyse voulant que la réforme de l'ISF que Nicolas Sarkozy a proposé exonèrerait 95% des redevables de l'ISF. Mazette, je reconnais que je suis interloqué. Et là je lis ça :
"Au total, selon des évaluations faites par le Syndicat national unifié des impôts (SNUI) mais aussi par des sources administratives, plus de 95 % des redevables de l'ISF se trouveraient exonérés s'ils décidaient d'investir 50 000 euros dans les PME : soit quelque 430 000 des 450 000 redevables de l'ISF en 2006. Ce chiffre est évidemment un maximum : il n'est pas sûr, en effet, que la proposition Sarkozy séduise la totalité de son public potentiel."
Alors en fait, c'est un calcul théorique d'effet maximal. Quelque chose dont on sait qu'en analyse des politiques publiques, ça ne sert à rien. C'est comme si vous faisiez un calcul de balistique en disant "toutes choses étant égales par ailleurs et sans frottements", y'a peu de chance que votre calcul soit juste "in real life".
Non parce que là, moi, je fais pareil, et je dis, donc : 430 000 x 50 000 = 21,5 milliards d'euros.
21,5 milliards d'euros d'investissement privés par des particuliers dans des PME. Par an. Ah, oui, quand même. Ca va booster sérieusement là. On va pouvoir nous donner les produits gratuitement, je pense.
2/ Un frère de Ségolène Royal affirme que les RG se sont intéressés à lui.
Et ça continue, quand y'en a plus, y'en a encore. J'attends la concierge de Ségolène qui nous dit qu'elle est persécutée par les RG... Mais bon, pourquoi pas, alors...
On lit ça :
"M. Royal indique avoir reçu la visite d'une employée des RG qu'il connaissait, après ses déclarations en septembre sur la participation de son frère Gérard au commando qui a fait exploser le Rainbow Warrior. "J'ai reçu un appel téléphonique d'une fonctionnaire des RG qui m'a demandé si on pouvait prendre rendez-vous. Elle m'a dit : 'On a un gros blanc sur votre fiche. Ma hiérarchie m'a envoyée pour avoir des informations à votre sujet'", explique-t-il. Il ajoute que l'entretien s'est bien passé et qu'il n'a pas alors évoqué sa sœur Ségolène et son frère Gérard."
So what? Je vous laisse imaginer la scène :
Mme RG : "Bonjour Antoine, ça va? Tu te souviens, on a fait nos études ensemble, comment vas-tu? Moi, je travaille aux RG, on peut se voir?"
Antoine Royal : " Mais bien sûr, viens prendre le café, on parlera du Rainbow Warrior. "
Evidemment, alors que la une des journaux renvoi à une affaire d'État particulièrement pitoyable, le Rainbow Warrior, il est inimaginable que cela concerne les RG... Bien sûr, M. Royal ne sait pas qui est Ministre de l'Intérieur. Et en plus, comble de l'horreur, un fonctionnaire est "envoyé par sa hiérarchie", alors qu'il serait logique qu'elle se lève un matin en se disant "tiens, j'irais bien interroger le frère de Ségolène Royal aujourd'hui !". En plus, l'agent ne parle même pas de Ségolène. Et de toute façon, Antoine Royal, chef d'entreprise, fils et petit-fils de militaire, frère d'une candidate à la présidentielle et d'un homme qui a toujours travaillé dans le renseignement est probablement quelqu'un de très très naïf, qui se laisse manipuler ou impressionner facilement.
Et à partir de ça, de but en blanc, le journaliste passe à :
"Il attribue ce type de notes sur des personnalités ou proches de politiques aux "méthodes de Sarkozy". Et estime que "le ministère de l'intérieur se sert aujourd'hui" de sa mise en examen l'année dernière, pour escroquerie et abus de bien sociaux, "pour déstabiliser [sa] sœur". "En enquêtant sur moi, les hommes de Sarkozy visent ma sœur. C'est une campagne de dénigrement", conclut-il. "
Je dois dire que j'ai du rater une marche, là... Suis-je le seul à trouver ça un peu tiré par les cheveux au regard des lignes d'avant?
D'autant que Sarkozy a fait abolir la tradition des "notes blanches" ces notes non tamponnées qui ont fait tant de mal dans l'affaire Clearstream.
J'aimerai assez savoir ce que pense par exemple Koz et Versac de ce genre de choses, si jamais ils passent par là un jour...
Mise à jour : Koz a déjà ouvert le feu... Lui aussi, c'est Lucky Luke !
15:15 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, segolene royal, isf, snui
lundi, 28 août 2006
"Le vent se lève" : Ken Loach, Eamon de Valera et Michael Collins
Je conseille ce film à tout le monde, il est magnifique. Et il faut aller le voir en VO pour profiter des accents irlandais des acteurs.
Ce film narre une période sanglante de l'histoire irlandaise, qui n'en manque pas, celle de l'insurrection de 1919-1920, qui conduira l'Irlande à l'indépendance, et qui se terminera par une terrible période de guerre civile entre Irlandais. Ken Loach a choisit de se placer au niveau local, au niveau des hommes d'un comté d'Irlande (Cork?). Plus précisément, le film tourne même autour des trajectoires des deux frères O'Donovan, Damien et Teddy.
Avant tout, je dois dire que le titre français est un peu décevant. "Le vent se lève" me parait faire une référence un peu facile à la réputation de réalisateur "social" de Ken Loach, genre "le vent de la révolution se lève pour emporter l'ordre établi...". Bien sûr, c'est également le sens du titre original "The wind that shakes the barley", mais celui-ci fait surtout référence à un poème de Robert Dwyer Joyce :
"I sat within the valley green, I sat me with my true love
My sad heart strove the two between, the old love and the new love
The old for her, the new that made me think on Ireland dearly
While soft the wind blew down the glen and shook the golden barley
'Twas hard the woeful words to frame to break the ties that bound us
But harder still to bear the shame of foreign chains around us
And so I said, "The mountain glen I'll seek at morning early
And join the bold united men, while soft winds shake the barley"
While sad I kissed away her tears, my fond arms round her flinging
A yeoman's shot burst on our ears from out the wildwood ringing
A bullet pierced my true love's side in life's young spring so early
And on my breast in blood she died while soft winds shook the barley
But blood for blood without remorse I've taken at Oulart Hollow
And laid my true love's clay cold corpse where I full soon may follow
As round her grave I wander drear, noon, night and morning early
With breaking heart when e'er I hear the wind that shakes the barley."
Ensuite, sans vouloir jouer au critique des Cahiers du Cinéma, je trouve que le film est très symbolique de ces épisodes, mais cette histoire étant peu connu ici, je pense que cela doit paraitre moins évident au spectateur qui n'a pas d'attirance particulière pour l'histoire irlandaise. Pour moi, les deux frères sont des métaphores assez fines des deux leaders irlandais mythiques de cette époque, Eamon de Valera et Michael Collins. A tel point que les deux acteurs leur ressemblent même : Damien est grand, aristocratique et fin comme De Valera, Teddy costaud et "campagnard" comme Collins.
Michael Collins participe lui aussi à l'insurrection de 1916, mais il n'est qu'un jeune garçon.
Dans la réalité, Collins et De Valera deviennent rivaux, De valera s'inquiétant du poids croissant de Collins. Lorsque la grande-Bretagne veut négocier, De Valera sent le piège, et argue du fait qu'il ne saurait rencontrer que "son homologue", le roi d'Angleterre, refuise de diriger la délégation qui se rend à Londres pour négocier. Collins en prend la tête. Ce guerrier qui a dirigé les services secrets de l'IRA et a organisé des vagues d'assassinat des agents anglais en Irlande va faire le choix d'accepter un compromis qui crée un "irish free state" en le maintenant dans l'empire britannique. Le Traité prévoit en outre la partition d'avec l'Irlande du Nord.
Pour les Républicains les plus durs, c'est une trahison. De Valera va désavouer les négociateurs et tenir des discours ambigus qui ouvriront la porte à des réglements de compte sanglants entre Insurgés pro et anti traité.
(Attention, léger spoiler de l'intrigue du film!) Dans le film, les deux frères vont également se séparer, Damien l'intellectuel qui faillit ne pas combattre devenant un jusqu'auboutiste, Teddy le combattant voulant la paix et prendre le temps de créer un Etat irlandais viable sans avoir l'armée britannique tenant une épée de Damoclés au-dessus d'eux.
Je ne dirais pas comment fini le film, mais en vrai, Michael Collins sera abattu par des Irlandais dans son Comté natal, ce qu'il pensait impossible. De Valera continuera à tenir un discours sans concession, il le paiera d'un séjour dans la prison de Dublin dans laquelle les Anglais enfermaient les leaders Irlandais, Kilmainham Gaol. Il en sortira en 1924, moment où il était le dernier prisonnier. Il devint ensuite président de la répulbique d'Irlande.
Une note sur le film de Thomas Clément.
Crédits images : Affiche du film et grande image du haut : © DiaphanaPortraits : Wikipedia
Note écrite avec Writely, mais la publication directe a échouée...
15:05 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : irlande, le vent se lève, ken loach, valera, collins
lundi, 10 juillet 2006
et pour joindre le geste à la parole...
Je suis allé place de la Concorde pour les remercier...





retour des bleus au crillon 1
Vidéo envoyée par geodelc
Video002retour des bleus 2
Vidéo envoyée par geodelc
21:30 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : france bleus crillon foot football coupe du monde 2006
Jour de tristesse
Et oui, moi aussi j'ai envie de parler de foot... 
Evidemment, je suis triste aujourd'hui, triste que la Coupe du monde finisse ainsi pour l'équipe de France.
Zidane méritait un carton rouge, même s'il semblerait que Materrazi se soit comporté comme le dernier des hooligans avinés, même si techniquement il doit s'agir de la première décision vidéo de l'histoire du foot...
Ce que je retiens, c'est que la presse internationale tape fort sur Zidane. On peut les comprendre. Ils ne savent pas tout ce qu'il a apporté aux Français. Au moins, pour le moment, je n'ai pas l'impression que nous soyons ici nombreux à "brûler ce que nous avons adoré" comme le craignait dès hier mon ami Jérémie.
Bine sûr, il a agit bêtement. Mais je pense presque la même chose qu'Erwan Le Duc, du monde.fr :
"Zidane, l'homme libre
On a perdu, bravo à l'Italie, bravo à Buffon, super, mais la finale de la Coupe du monde tout le monde s'en fout, franchement personne a remarqué, ce qui est important c'est que Zidane s'en va. Sur une "panenka" incroyable, sur un coup de tête terrible, résumé d'une carrière exceptionnelle, d'un joueur exceptionnel, sur le plus grand des matchs. Qui d'autre que Zidane pour sortir Zidane du terrain ?
(...)
Merci à Monsieur Zidane, extraterrestre du ballon qui aura montré sur un coup de tête qui restera dans les mémoires qu'il était plus qu'un joueur... qu'il était un homme. Laissons Cioran conclure : "l'homme libre ne s'embarrasse de rien, même pas de l'honneur".
Et oui, c'est un homme, pas un Dieu. Ou alors, cs'il était un dieu, il serait un de ces dieux grecs, à moitié humain, taraudé de terrible failles humaines, la jalousie, la haine, la colère, la vanité...
Zidane n'est qu'un homme. Un génie du Football, un talent, un joyau. Mais c'est un homme, pas un robot, et s'il peut être un modèle, il n'est pas un saint. Il n'a jamais demandé à l'être. L'Equipe titrée il y a quelques jours "l'Ange bleu". Effectivement, qu'il est Français cet ange, capable du meilleur et du pire quasiment en même temps.
Nous savions depuis toujours qu'il avait sa face sombre, celle qui lui reste de son enfance à la Castellane selon Le Monde :
En tout cas, cela lui avait déja couté un match de coupe du monde en 1998 et le Ballon d'or lorsqu'il était à la Juve.
Mais je vais vous dire, derrière la déception, cela nous rappelle que tout ce qu'il a fait n'a pas été le long chemin facile d'un surdoué, mais une vraie aventure. Zidane n'est pas un homme parfait, et tant mieux, parce que c'est très ennuyeux, la perfection. La faiblesse, la fêlure, la fragilité, ce sont de belles qulaités d'homme. Et les plus belles symphonies ne sont pas celles qui sont parfaites techniquement :
Pour répondre au Cioran de Le Duc :
« Le mal est la dissonance qui placée où il faut, donne du relief à l’harmonie. »
Leibniz
Disclaimer : je ne connais pas le titulaire des droits sur la photo ci-dessus. Je l'enléverais immédiatement si cela irrite quelqu'un, bien entendu.
14:40 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : zidane, foot, football, bleus, erwan le duc, coupe du monde, finale
mardi, 21 mars 2006
Croyance et irrévérence
Et non, perdu, je ne vais pas parler avec retard des caricatures danoises de Mahomet qui ont tant marquées ce début 2006. En fait, si, mais indirectement.
Parce que déporter le propos sur un autre terrain peut aider à la dépassionner je trouve, dans un contexte où les relations entre l'"Occident" et l'"Islam" (je met beaucoup de guillemets) sont compliquées.
Prenons donc l'exemple d'une autre "croyance" que je ne qualifierai pas plus. Et l'exemple d'un média satirique qui n'est pas à proprement parler un leader d'opinion.
Il s'agit de la série télévisée américaine South Park, dont la philosophie pourrait se résumer à "plus c'est gras plus c'est drole". Et le pire, c'est qu'ils ont souvent raison. Cette série est depuis des années ce qui se fait de pire. Tout y est tourné en dérision, la politique, les religions. Elle aborde tout à la hache : pornographie, scatologie, prostitution, pédophilie, racisme, nazisme, antisémitisme... Rien n'échappe aux auteurs, et rien n'est épargné.
Depuis toutes ces années, un homme a un rôle important. Il s'agit de la voix d'un personnage - le "Chef" ci-contre
-, joué par le chanteur Isaac Hayes. Il a tout laissé passer depuis presque 10 ans. Et là, il a démissionné avec fracas. La coupe était pleine, et il a annoncé son retrait par un communiqué conglant, repris par AP :
"There is a place in this world for satire, but there is a time when satire ends and intolerance and bigotry towards religious beliefs of others begins,"
Ah. Et donc, que s'est-il passé qui a excédé le chanteur? Dans un épisode, les auteurs se sont moqués de Tom Cruise et de ses délires de scientologue. Juste moqués, rien de particulièrement terrifiant par rapport aux autres épisodes. Et ça Isaac Hayes, Scientologue, ne l'a pas supporté.
Non, sérieusement, on peut se moquer des Noirs, des Musulmans, des irakiens, des Juifs, des Catholiques, des Uni-jambistes, des Canadiens, ... Mais les scientologues, c'est "off the limits".
De qui se moque-t-on? Voilà ce qui arrive quand on essaye de poser des limites à l'irrévérence alors que rien ne vous y autorise. On se ridiculise.
Et d'ailleurs, les deux créateurs de South Park, Trey Parker et Matt Stone ont répondu de fort belle manière, lorsque la Scientologie a essayé de faire interdire une re-diffusion de cet épisode. leurs avocats ont publié ce communiqué :
FOR IMMEDIATE RELEASE
Scientology, you may have won THIS battle, but the million-year war for Earth has just begun! Temporarily anozinizing our episode will NOT stop us from keeping Thetans forever trapped in your pitiful man-bodies. Curses and drat! You have obstructed us for now, but your feeble bid to save humanity will fail! Hail Xenu!!!
-- Trey Parker and Matt Stone, servants of the dark lord Xenu
Source : NPR
Les images appartiennent à Comedy Central.
14:25 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
lundi, 27 février 2006
Fallait pas l'inviter...
Le Ministère de la culture, englué dans ce débat DADVSI dont il a du mal à se sortir, à eu un réflexe classique à défaut d'être effiace : lancer à grands frais une opération de communication. PublicisNet a donc été chargé, avec un budget qui en laisse plus d'un réveur, de Loïc à Pointblog, de lancer un blog sur le sujet. utilisant une vieille méthode quasi trotskyste, le blog s'appelle lestéléchargements.com (on utilise ce qui symbolise ce que l'on veut combattre... mouais...). Mais comme faire tourner un blog, surtout sous logiciel libre, ça ne justifie pas un budget d'agence, ils ont également organisé une belle soirée au Palais de Tokyo. Et comme c'est à la mode, ils ont invité du people et du bloggeur (c'était une erreur, à mon avis, mais bon...). Et évidemment, le résultat est moche... Maitre Eolas, avec son talent habituel, réduit cette soirée en cendres. Quelques franches rigolades apparemment (piratage des ordinateurs en libre accès pour afficher d'autres sites, découvertes d'e-mule sur les susnommés ordianteurs, ministre qui demande si l'adresse du site contient un espace, tout comme l'indique les affiches...), mais je retiens surtout ces deux remarques de nos bloggeurs stars :

10:15 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
mardi, 27 décembre 2005
La bêtise non plus n'a pas de prix...
... mais elle a un coût, comme la culture...
Les débats à n'en plus finir sur la loi DADVSI fleurissent partout, blogs, sites plus classiques, médias traditionnels... On entend tout et n'improte quoi, surtout n'importe quoi (vous ne savez pas ce que c'est que DADVSI? Vous ne vous baladez pas assez en blogosphère. Allez chez Loic, ou chez Maître Eolas par exemple, c'est une bonne source sur ce sujet. Le ministère de la culture a aussi fait un site de propagande).
C'est divertissant au début, puis sérieusement casse pieds. Après les hurlements à la mort des majors du disque, après les cris d'orfraie des informaticiens qui se collent des migraines en lisant des textes de loi auxquels ils ne comprennent visiblement pas un mot, vous avez peut-être eu droit vous aussi au Spam du ministère de la culture, ce qui je dois dire m'a un peu assis, et m'a envoyé illico presto dans le camp des opposants à cette loi (plus d'infos sur ce spam chez Laurent. Et un grand merci à la société Axiome, qui a rejoint depuis bien longtemps ma block-list).
Et depuis hier, la cerise sur le gateau : des grands spécialistes de la culture et des nouvelles technologies (c'est-à-dire des gens qui défendent soit la Star ac' et les SMS surtaxés, soit Pierre Boulez et l'IRCAM en tant qu'expression unique de la culture et des tehcnologies, on a les allainces qu'on mérite) nous pondent des articles dans les grands médias pour y débiter des aneries au kilomètre.
Promotion sur l'imbécilité, treize à la douzaine, y'en a un peu plus, je vous le laisse quand même?
Deux exemples :
1/ 1ère salve : Patrick Zelnik et Louis Bricard, dans Le Monde du 20 décembre 2005 : Mozart en tête de gondole
Je ne répéterai pas ce qu'a déjà très bien écrit Laurent ici. Mais je voudrais y ajouter mes commentaires, surtout sur une phrase sidérante :
"le problème est là : le disque n'est pas un produit manufacturé comme les autres, son prix ne dépend pas de la matière utilisée et de la fabrication."
Wouah. je suis sidéré. Si mon ami André-yves Protnoff passe par mon blog, il verra tout de suite pourquoi ça me fait autant rire. Mon dieu, c'est tellement ancien comme analyse ! L'économie ne fonctionne plus comme ça, aujourd'hui, messieurs, mais d'où sortez vous? Vous avez appris l'économie dans les années 60 ou dans une université française ou quoi (ça revient au même, les horloges des profs sont souvent restées bloquées sur cette époque)?
Bon, je vais le faire en version résumé : les prix des objets marchands dépendent de moins en moins de la matière première et des coûts directs de fabrication et de plus en plus de toutes sortes de formes d'immatériel incorporé. C'est évident pour Windows (sans commentaires sur la qualité de mes amis Geeks linuxien, merci) sinon, windows couterait environ 1, 50 euros.
Mais ça marche aussi pour toute le système de production : fabrication et matières premières correspondent à en gros 25 % du prix d'une voiture normale, soit à peu près autant que la conception et la R&D. Saint-Gobain vend du verre bête et méchant à la tonne? Regardez un pare-brise de TGV... Arcelor vend de l'acier nu? Si c'était vrai, il ne tiendrait pas longtemps face aux asiatiques.
Non, sérieusement, Messieurs, faut arrêter d'être idiot, et d'expliquer le monde de demain avec des concepts d'avant hier. Vous êtes deux dinosaures, et en plus vous êtes des dinosaures au système nerveux si peu développé que vous n'avez pas encore senti qu'on avait commencé à vous dévorer par l'arrière.
2/ et là, coup de grâce dans Le Monde d'hier (il faut que j'arrête de lire ce journal, c'est mauvais pour mon ulcère) : Anne Hidalgo et Christophe Girard s'offre un crash en flamme de première classe : Coup dur pour la création.
Nos deux édilmes socialistes apportent leur pierre, tombale, au débat avec un tissu d'âneries comme j'en ai rarement lu. Passons sur l'introduction citant le MEDEF et les intermittents, un de mes professeurs appellaient ça "saluer le pavillon", ça permet aux gens que cela rassure de bien étiqueter les auteurs, de les ranger dans la bonne case (celle des "gentils"). Après ça attaque très fort :
"Que dirait-on si avant même la sortie en kiosques de nos quotidiens préférés, ils étaient mis en ligne et pouvaient être téléchargés gratuitement ? Que deviendrait la rémunération des journalistes qui travaillent à l'élaboration de nos quotidiens ?"
Mince, mais c'est vrai, que dirait-on? ... Attendez... mon assistant me signale que c'est déja le cas. Autant pour moi. Mais alors comment fait on? Et bien rassurez vous mes deux amis, vous allez pouvoir écrire plein d'autres de billlets brûlants sur ce thème dans les années à venir, et ils vous vaudront plein de complimetns dans certains milieux. Pour info, votre article, je l'ai, lu sur internet, je ne l'ai pas payé, et je dois dire que si j'avais du payer pour lire ça, ça m'aurait passablement irrité (en plus, je suis abonné au Monde, donc je mens un peu... Mais vous ne pouvez pas comprendre que je lise en ligne en payant un abonnement, apparemment).
Après, nos deux amis du pays de Oui-Oui sortent la grosse artillerie idéologique :
"Les principaux bénéficiaires seront les fournisseurs d'accès, c'est-à-dire les opérateurs d'une économie hautement capitalistique qui est déjà en train de préparer les concentrations de capitaux nécessaires à son évolution au niveau mondial."
Ah les salauds. Au grand Soir, npous pendrons le dernier programmeur avec les tripes du dernier fournisseur d'accès. Vous remarquerez la finesse du champ sémantique utilisé, mélangeant avec finesse référence marxistes et alter-mondialistes. Donc, voila, tout ça c'est de la faute du grand capital mondial apatride (e-mule, Kazaa, Kevin, lycéen à Baltimore... ) contre la petite création mignonnette et bien française (Vivendi universal, Sony BMG,...).
Je suis estomaqué. Et ça continue : "Les fournisseurs d'accès alliés financièrement aux constructeurs préparent déjà leurs alliances avec les multinationales productrices des contenus culturels formatés pour l'industrie culturelle mondiale. Seules trouveront à être diffusées ces "oeuvres" à faible contenu artistique mais formatées pour la consommation internationale.
C'est vrai qu'aujourd'hui ça n'est pas le cas. La loi DADVSI va empécher ça, c'est sûr. La Nuit Blanche aussi. Et pourquoi pas Paris Plage?
"Où seront ces jeunes créateurs populaires qui sont aujourd'hui la fierté de notre pays, ce malgré la déferlante de produits de télévision labellisés : les Bénabar, Thomas Fersen, Jeanne Cherhal, Laurent Bouhnik, Benjamin Biolay, et d'autres ? Ils auront peu de chance de survivre, malgré leur talent, à cette machine à broyer."
Sans commentaires. Vous remarquerez la grande diversité culturelle (je suis fan de plusieurs des chanteurs cités). Le hip hop, le rap, le rock, et j'en passe, ça, c'est pas "citable" pour nos deux bobos parisiens.
J'ai encore pas mal de remarque, en particulier sur le délicieux passage concernant Miterrand et Jack lang, mais je m'en voudrais d'être trop gourmand.
Je ne défend pas les utopies libertaires que certains profèrent quant à la gratuité des contenus. Mais lire autant de bêtises en si peu de lignes, je trouve ça confondant. Pas vous?
15:20 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
mardi, 15 novembre 2005
La haine, bonne prophétie et mauvais film ?
Il suffit de lire ma note précédente, dans laquelle je suis très en colère contre CNN, pour voir que je pense que beaucoup de médias étrangers ont très mal couverts les événements des banlieues frnaçaises.
Cela ne veut pas dire que cela soit toujours le cas, gardons de généralisations par trop pédantes et arrogantes (donc très françaises selon beaucoup d'étrangers). Cet article de Slate qui revient sur le film de matthieu kassovitz La haine n'est pas mal fait. Il mérite un coup d'oeil. Il se rattache aux événements actuels pour dire que la Haine n'est pas une mauvaise prophétie des ces événements, ce qui est assez vrai. Et en plus, la critique du film en tant que telle n'est pas bête.
Bref, un bon article de Slate, comme souvent.
12:11 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Prospective
jeudi, 10 novembre 2005
Non, je ne peux pas le croire...
Via Nathan et De bric et de blog.
Ca n'est pas possible. pas CNN. Fox et O'Reilly, je veux pas bien, mais pas CNN, quand même.
Je suis outré, il n'y a pas d'autre mot, par cette image.

Non vraiment, je suis vraiment quasiment en dépression de voir ça. Comment peux-t-on être aussi inculte? Je ne leur demande pas de savoir placer Toulouse, mais d'utiliser une carte correctement. Surtout avec Google earth, ça doit être à la portée de n'importe qui, non?
Le problème, c'est qu'ils s'en foutent. Parce que pour être aussi négligeant, c'est que l'infographiste sait pertinement que tout le monde s'en fiche, que personne n'ira vérifier, que personne ne le lui reprochera, bref, que ça ne vaut pas les 10 secondes de travail pour faire les choses proprement.
J'adore souvent les Américains, mais là... Franchement, ça fait mal.
20:20 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note





