J'adore
David Abiker depuis que je suis ses chroniques dans "
Arrêt sur images". Ce que j'adore surtout, c'est quand il fait exprès de prendre le contre-pied du consensus intellectuel, qu'il fait exprès avec sadisme de dire quelque chose que quelqu'un comme lui ne devrait même pas penser (quelqu'un comme lui, ça veut dire enseignant à Sciences po Paris, chroniqueur à France Inter, sans parler des petites lunettes de Politologue de la rive gauche - OK, ça c'était pas vraiment nécessaire. Heureusement, il ne passera jamais ici si tout reste normal... ) Bref, un type qui a au départ le profil le plus germano-pratin-compatible du monde, et qui lâche de temps en temps des trucs vraiment à contre-courant.

Donc, ça j'aime. Tiens, d'ailleurs, sur Wikipedia, on lui attribue ça : « L’indépendance d’esprit c’est aussi une indépendance vis à vis des idéologies, du politiquement correct, de la pensée dominante ».
Ben voila. Donc, je m'étais logiquement jeté sur son livre :
Le musée de l'homme, que j'en profite pour vous recommander chaudement. C'est très drôle et souvent très bien vu.
Mais là n'est pas le sujet du jour. Je lis aussi réguliérement que possible
ce qu'il publie sur Big Bang Blog, l'étonnant blog collectif né d'Arrêt sur images. Et là, je découvre que David Abiker non content de passer ses vacances dans mes chères Alpes, s'attaque à une étonnante coutume montagnarde : le "bonjour" échangé quand on croise un autre randonneur.
Sa note est très drôle, elle l'est tout autant quand elle passe sur le sujet du tuning (mais qui a eu l'idée saugrenue de faire une réunion de tuning à Serre-Chevalier?).
Je ne résiste pas à l'envie de copier un passage :
"- Bonjour me dit une vieille dame guillerette et bon pied bon œil.
- Allez vous faire foutre dans les sous-bois.
Jamais je ne dirais ça. Je ne suis pas comme ça.
En rando, je deviens écologiste intermittent. Le moindre Kleenex qui traîne et je crie à l’assassin. Je m’intéresse aux fleurs, je goûte aux fraises des bois en poussant des grands aaaah d’émerveillement et je m’intéresse sincèrement à la vie du guide qui vit ici toute l’année.
- Et vous vous nourrissez exclusivement de raclette ? je demande plein d’empathie.
Dieu que le randonneur est crétin."
Pour lui répondre, moi j'aime assez cette tradition. Parce que je suis Grenoblois et que cela marque la différence (largement fictive) entre ces salauds de Parisiens dont je ne me remet pas d'avoir en réalité rejoint les rangs et les gentils bisounours de la Montagne. Rien n'est vrai, mais c'est important. Alors le jour où je croiserais David Abiker en bermuda, chaussures Aigle et casquette "France inter" en montagne, il va avoir droit à un bonjour tonitruant. Qu'il me rendra avec le sourire... Parce qu'au fond, il est sûrement très poli ce garçon. Il est prévenu.
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