vendredi, 26 janvier 2007

Histoire des religions : 5000 ans en 90 secondes

Le site Maps of War publie, après une histoire des empires en 90 secondes, une animation de la même durée évoquant l'histoire des religions. C'est évidemment très simpliste, mais ce genre d'animations a un vrai intérêt pédagogique. Ca change du Power-point... 

Je trouve ça intéressant, d'essayer de renouveler la manière de présenter des informations, comme le fait Gapminder.  

mardi, 18 juillet 2006

Les GI vont rentrer... en 2016 !

medium_uncle-sam.jpgSelon un article du Washington Times (quotidien conservateur, article en accès restreint, mais des éléments peuvent être lus ici), des experts militaires pensent que l'armée américaine devra rester présente en Irak encore 10 ans. 
Ces experts cités sont des memlbres des états-majors américains. Ils ont ajouté que les soldats américains continueraient à être soutenus par la population... Ce qui est moins convaincant.
Le niveau nécessaire de forces sur place n'a pas été précisé, mais il s'agit d'une présence significative, même si elle doit être progressivement inférieure à celle d'aujourd'hui.
L'article signale aussi que dans la même conférence militaire fermée, des officiers avaient précisés que lors du démantélement d'une usine clandestine d'engins explosifs improvisés, ces fameux IED (improvised explosive devices) qui sèment la mort en Irak (voir ma note ici), deux hommes titulaires d'un "master degree" en chimie et physique d'une université américaine avaient été capturés... 
 

jeudi, 15 juin 2006

Libellule de combat...

medium_libellule_DGA-Comm.jpgLa Délégation Générale pour l'Armement a présenté récemment le projet de nano-drone qu'elle finance dans le cadre des "recherches exploratoires innovantes", des contrats qui n'impliquent pas une application opérationnelle concrète à court terme. 
Ce nanodrone s'appelle "Libellule", car ce projet bio-mimétique imite la forme et le vol de cet insecte, avec quatre ailes de 3 cms actionnés par 180 000 muscles artificiels. Le projet est vraiment très intéressant, même si les défis technologiques à relever sont immenses (en particulier je suppose pour l'énergie, l'optique et les communications à faire tenir sur ces quelques centimètres de silicium... 
 
Le document de la DGA apporte beaucoup d'informations, même si à ce passage là :
"Si tant est qu’on le repère, comment lutter contre un minuscule insecte mécanique voyeur ? Il est insensible aux gaz, le tireur d’élite capable de le dégommer à distance n’est pas encore né,... Seule solution : l’écraser d’une claque."
 
On a fortement envie de répondre que probablement que souffler dessus sera suffisant dans beaucoup de cas. Si un ventilateur vient à bout du drone Libellule en conditions réelles...  Son apport opérationnel sera limité !
Pour en savoir plus sur ce projet, il y a eu un court article dans le Monde du 11 juin 2006, intitulé "Libellule, le futur ange-gardien du fantassin".  

vendredi, 05 mai 2006

les jeunes américains et le monde

Via Le Monde :

Les jeunes Américains n'y connaissent rien en géographie. Ca n'a rien d'inédit comme annonce, et la télé US ne risque pas de les y aider. même CNN a déjà prouvé sa nullité en ce domaine, comme je le soulignais à l'époque des "french riots".

Mais là, National Geographic publie les résultats d'une étude édifiante à ce sujet. C'est toujours amusant.medium_world_us_-_national_geographic.jpg

Alors : pour 30% des jeunes de 18 à 24 ans interrogés (notez que ce ne sont donc pas des gamins en bas âge), il y a entre 1 et 2 milliards d'habitants aux Etats-Unis (c'est sûr que comme ça, ils auront moins peur de la Chine...), New-York est impossible à placer correctement sur une carte pour la moitié d'entre eux (l'Etat de NY, même pas la ville). 63% ne savent pas placer l'Irak sur une carte du monde, alors que s'ils continuent à aussi mal étudier, ils vont s'y retrouver un fusil à la main. 20% pensent que le Soudan est en Asie, 1 sur cent le place en Antarctique (ce qui veut dire qu'un jeune américain sur 100 produit une drogue violente naturellement dans son organisme, c'est vraiment la seule explication que je vois)

L'étude donne, au delà de l'effarement, deux excplications intéressantes. D'abord, les jeunes Américains pensent que cela n'a absolument aucune utilité de savoir ça. Du coup bien sûr, pourquoi s'en inquieteraient-ils? La seconde explication est qu'ils sont nombreux à ne pas savoir se repérer simplement sur une carte : 1 sur 3 ne peut pas montrer le nord-ouest d'une carte...

Enfin pour finir sur une note humoristique, cliquez sur cette image :

medium_american_world.2.jpg

Crédits photos :

National Geographic / http://www.meanwhatusay.blogspot.com

Mise à jour : je critique souvent le Monde, et encore plus la version en ligne (pas assez le liens externes dans les articles, par exemple, c'est d'ailleurs le cas ici : l'article ne renvoit pas vers National Geographic), mais leur nouveau bouton "citer cet article sur votre blog" est une riche idée ! 

mercredi, 22 mars 2006

Petit espionnage entre amis

Les pays alliés s'espionnent quand même, tout le monde le sait. Cela provoque toujours une sorte de réaction de scandale étonné de la part des médias, comme l'a montrée l'affaire du réseau "Echelon" (il faut dire que dans ce cas il y avait de quoi...). Et bien voilà une nouvelle qui va alimenter cette ligne éditoriale des médias traditionnels.
Un chercheur américain, Jeffrey Richelson, du National Security Archive, groupe rattaché à l'Université George Washington (à Washington D.C.) vient de rendre public tout un dossier contenant les documents originaux et son analyse concernant l'effort américain d'espionnage du programme nucléaire français. Les documents sont fascinants... et le tout est accessible ici.
Quelques remarques:
1/ Nous avons beau jeu de nous moquer des Américains, mais les Etats-unis disposent, en particulier avec le Freedom of Information Act d'un arsenal légilsatif permettant la déclassification des documents secrets bien plus développé que ce que nous pouvons avoir en Europe. Sur de nombreux sujets concernant le renseignement et les services secrets français, un journaliste ou un chercheur aura bien plus vite fait de passer par Washington pour obtenir la publication d'un document classifié.
2/ Cet effort d'espionnage est normal. Les Américains, dès 1945, s'inquiétaient de la prolifération des armes nucléaires, comme aujourd'hui. Ils savaient qu'ils perdraient le monopole de l'arme atomique, et avaient peur, ce que l'on peut comprendre, des conséquences de l'élargissement du "club nucléaire". Que le premier document date de 1946 n'a donc rien d'étonnant. Ce qui l'est plus, c'est qu'un effort aussi soutenu d'espionnage ait été mené, et qu'il ait duré si longtemps avec de tels moyens. Cela prouve que les Américains s'inquiétaient peut-être un peu de ce que la France pouvait faire de ses secrets nucléaires.
3/ Dans le genre "moyens impressionnants mis en oeuvre", je vous conseille le document 24. Dans ce document, on apprend que les Américains, voulant prendre des clichés de l'atoll de Mururoa, n'ont pas trouvé d'autre solution que de faire partir une mission d'avion U2 depuis un porte-avion. Un U2, ca ressemble à ça :
medium_u2.3.jpg

Et franchement, faire décoller un tel mélange d'enclume et de planeur du pont d'un porte-avion, ça doit être quelque chose...
4/ Un autre document à voir : le document 31, datant de 1985, s'interroge - suites aux protestations des écologistes - sur la sécurité des essais souterrains français de Mururoa. Cela ne prouve rien en soi, mais ce document, que l'on ne peut pas accuser de partialité pro-française, souligne dès le titre que ces essais sont "sûr environnementalement et vont le rester" (envrionmentally safe and likely to continue).

mardi, 18 octobre 2005

Grippe tueuse 101

Je m'excuse pour l'anglicisme du titre. Chez nos amis d'outre-atlantique, un "101" est un guide, un "ABC" sur un sujet, pour autant que je l'ai compris (j'accepte les précisions des anglicistes parmi vous).

Je viens de lire, via Transnets et Future Now un article d'opinion (un "op-ed") du New-York Times signé Ray Kurzweil et Bill Joy sur la publication du génome complet de la grippe espagnol de 1918. Ray Kurzweil est un inventeur et un grand gourou de l'anticipation technologique. J'hésiterai cependant à le qualifier de prospectiviste, le trouvant parfois un peu trop futurologue débridé. Bill Joy est ni plus ni moins un des fondateurs de Sun Microsystems.

Leur article, "Recipe for Destruction" pousse un cri d'alarme contre la publication sur internet du génome complet de la grippe espagnol de 1918 par des chercheurs américains. De nombreux articles de presse sont sortis sur le sujet, d'autant que la conjonction de cette nouvelle avec la "flambée" de grippe aviaire lui donne une résonance particulière (en effet, la grippe espagnol était une grippe aviaire qui a muté pour frapper l'homme). rappellons que la grippe esapgnol a fait plus de victimes (dontApollinaire) que la première guerre mondiale (en bonne partie PARCE QUE elle lui succédait - les sociétés européennes étaient très vulnérables)

Kurzweil et Joy affirme que donner libre accès à cette information à tout le monde est extraordinairement dangereux. Encore plus dangereux d'ailleurs que de donner les plans complets d'une bombe atomique sur internet, et ce pour deux raisons :

- La "barrière technologique" est moins haute pour jouer au docteur Moreau avec des gènes que pour bricoler une bombe A dans son garage. J'ai entendu dire cela des dizaines de fois, et je suis d'accord sur le fait que le "ticket d'entrée" du nucléaire militaire est beaucoup plus élevé que le grand public ne le pense. Cependant, personne ne m'a jamais prouvé qu'il était si facile pour des individus malveillants ayant eu une formation adéquate et disposant d'un minimum de matériel et de moyens de jouer au "petit généticien". Disons cependant que le risque paraît "réel" ou au minimum plausible avant plus amples recherches.

- Le nombre de victimes serait probablement beaucoup plus élevé en cas d'attentat biotech qu'en cas d'attentat nucléaire. C'est très probablement vrai, même si les impacts économiques, psychologiques, ... sont en réalité tellement différents qu'il s'agit fondamentalement de deux moyens d'actions complétement différents (mais je m'égare).

Je dirais que cette édito pose un problème auquel nous devrions sérieusement réfléchir. Le risque a-t-il été sérieusement évalué, ou la décision est-elle restée uniquement entre les mains de quelques scientifiques?

Ce qui me parait intéressant, c'est de constater que la sonnette d'alarme est tirée par deux "technophiles", qui sont forcément à la base marqués par une culture de type "accès large à l'information". Cela donne plus de poids à leurs inquiétudes...  

Une remarque quand même ! Lorsque nos deux auteurs américains parlent d'un contrôle politique, gageons qu'ils ne se sont pas posées la question de QUI devait le faire : bien évidemment, le gouvernement américain aurait ce rôle, dans le cas présent au moins. Si tout d'un coup le Gouvernement US s'arrogeait le droit de verrrouiller, par exemple à ses seuls nationaux, l'accès à ce genre d'informations, les conséquences seraient importantes pour nombre de chercheurs des autres pays, qui ont besoin d'un accès à ces données. Cela fait quelques temps que l'accès aux informations scientifiques fait débat, en particulier dans Nature et Science. Voilà une pierre en plus apportée à ce débat...

 

vendredi, 16 septembre 2005

Le futur véhicule de patrouille de l'armée US?

Via Roland Picquepaille's "Emerging Technology Trends"

Non, ce n'est pas ma prochaine voiture, quoique pour se garer sur un trottoir à Paris, cela serait sûrement pratique. medium_ultra-onr62.3.jpg

Voilà qui ferait du boulot pour les Dégonflés... Plus sérieusement, un nouveau concept de véhicule de patrouille pour l'Armée américaine a été présenté à la "Modern Day Marine Expo". Ce véhicule n'est qu'un concept proposé par le Georgia Tech Research Institute. Pas de risque de le voir au coin du rue de Fallujah dans les mois qui viennent. Cependant, c'est un concept intéressant, car en lisant cet article de Defense Review, on voit bien la différence entre ce véhicule et l'actuel Hummer de l'armée américaine (et qui est lui réellement la bête noire des anti 4X4).

En effet, la différence majeure de concept à mes yeux est que le Hummer est une sorte d'énorme Jeep, finalement assez légérement blindée au départ. Ce qui fait que les pertes sont souvent importantes, et surtout que les Hummer sont des victimes toutes désignées de la nouvelle bête noire des Américains, les "Imporvised Explosive Devices" (IED), c'est à dire ces bombes ou mines artisanales utilisées très largement en Irak par exemple. C'est ce que souligne le texte du GTRI :

"Improvised explosive devices (IEDs), Dudzik observes, are a major survivability concern. Mines accounted for more than 60 percent of vehicle losses in Vietnam and Desert Storm. Even a fully armored Humvee is vulnerable to mine blasts. The new Marine Corps vehicles must incorporate dramatically increased resistance to explosions. "

Et ça, c'est intéressant. En effet, la grande tendance pour les véhicules terrestres depuis la chute du mur de Berlin est de dire que le véhicule très lourd n'est plus adapté. Le "Main Battle Tank", dont la Abrams américain et le Leclerc Français sont l'archétype ne serait plus le "roi de la bataille" qu'il était jusque dans les années 90, car il n'est plus adapté aux conflits modernes (par exemple, l'armée Française ne peut pas projeter ses Leclerc à l'étranger avec ses avions, il est beaucoup, beaucoup trop lourd).

On parlait donc beaucoup de véhicules plus légers, plus modernes, plus rapides. Mais ces véhicules sont, on s'en rend compte aujourd'hui, extrémement vulnérables (roquettes tirées à l'épaule, mines, IEDs,...) et finalement, en Irak, seul le Abrams protége efficacement les personnels embarqués...

Ce débat lourd/léger et sur la survivabilité des véhicules à de bonnes chances d'êtr un des débats majeurs pour les armées occidentales dans les années à venir.